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| HUILE TRAFIQUEE + PPS POUR VOUS AMUSER |
| tout le monde a entendu parler de cette huile trafiquée par les grandes marques, il est intéressant de s'y attarder un peu | 
DE L’HUILE DE MOTEUR DANS LA SALADE
Bonne route !
En début d’année, un lot d’huile de tournesol contenant du lubrifiant pour moteur achetée en Ukraine par le groupe Saipol a fait l’objet d’une commercialisation dans les supermarchés. Informées, La commission européenne et la direction de la concurrence ont laissé faire !...
Le début de l’affaire remonte au mois de février dernier. Un lot de 40 000 tonnes d’huile de tournesol (ce qui correspond à 45 000 litres environ) quitte l’Ukraine, destination l’Espagne, l’Italie, les Pays bas, et la France.
Le problème ? Elle contient du lubrifiant pour moteur. Un mois plus tard, selon la version officielle, les techniciens de l’usine Saipol De Sète (le numéro 1 français de la transformation des oléagineux et le propriétaire du groupe Lesieur) décèlent la contamination. Mais ce n’est que le 21 avril que la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes est informée. A cette date, la plus grande partie des 2800 tonnes d’huile achetées ont déjà été revendues à des grandes surfaces et à une trentaine d’usines de l’agroalimentaire !
C’est sans doute par l’un de ces clients que Saipol l’apprend ! Le 26 avril, les flacons d’huile frelatée et autres produits transformés encore disponibles dans les supermarchés sont retirés des rayons…Dans la plus grande discrétion… aucun alerte sanitaire n’est diffusée par les médias comme cela est censé se pratiquer dans ce genre d’affaires…
Ce silence n’et pas un hasard : dans une décision datée du 2 mai dernier, la commission européenne autorise la vente des aliments industriels contenant moins de 10 % de cette huile frelatée ! Et dans la foulée, le 7 mai, la DGCCRF peut affirmer dans une note qu’en l’absence de toxicité aiguë, aucun rappel des produits contaminés ne sera fait. Et la commission européenne de rajouter que l’huile de moteur incriminée n’avait pas encore reçu tous les additifs les plus toxiques.
L’affaire est alarmante à tout niveau.
Premièrement, parce qu’on se rend compte à cette occasion qu’aucun contrôle n’a été effectué avant l’envoi ou/et à l’arrivée de ce lot, comme cela est pratiqué pour de nombreux produits. Depuis cette affaire, il est question de rendre ce contrôle obligatoire, mais seulement au départ…
Deuxièmement, le délai de deux mois entre l’arrivée de la marchandise et la déclaration du problème à DGCCRF semble bien long. Selon toute vraisemblance, la pollution avait été découverte antérieurement. Enfin, le principe de précaution aurait voulu le retrait immédiat de tous les flacons d’huile frelatée et de tous les lots de produits manufacturés élaborés à partir de cette huile. Une fois de plus, les intérêts économiques des industriels ont primé sur ceux de la santé publique
Et si, par malheur, émerge un nouveau syndrome toxique, ses victimes auront bien du mal à établir la responsabilité de l’huile frelatée. Souvenons-nous de l’affaire qui a secoué l’Espagne au début des années 80 suite à l’importation de 3 millions de litres d’huile à usage industriel revendue comme de l’huile alimentaire. On déplore aujourd’hui 1 200 décès, 4 000 invalides et 13 500 personnes handicapées à un moindre degré (neuropathies, cécité, atteintes osseuses, anémie pernicieuse…).
Le gouvernement espagnol a dû débourser plus de 3 milliards d’euros afin d’indemniser les victimes.
Si une telle catastrophe sanitaire vient à se produire suite à ce nouveau scandale, parions que nous serons encore les payeurs et non pas les véritables responsables qui seront inquiétés
Vittoria Siegel
Article paru dans PRATIQUES DE SANTE DU 17 JUIN 2008
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